SCH : retour sur sa carrière en attendant JVLIVS II

SCH : retour sur sa carrière en attendant JVLIVS II

Le 19 mars, SCH lâchera enfin la suite de JVLIVS, intitulée Marché Noir. Pour patienter, retour sur les titres cultes du rappeur marseillais.

Vendredi 19 mars, SCH dévoilera le fameux JVLIUS Tome II – Marché Noir. Après Rooftop, le marseillais revient à la trilogie JVLIVS, commencée en 2018 avec le Tome I – Absolu.

Les précommandes de l’album ont déjà explosé, au point de faire crasher le site, et le titre Marché Noir, premier extrait de l’album, cumulait déjà plus d’1,3 millions de vues moins de 24 heures après sa publication. Bref, autant dire que l’album est très attendu. Au programme, une tracklist de 21 titres, dont deux bonus, et trois featurings : Jul et le Rat Luciano côté Marseille, et Freeze Corleone côté Paris. 

Pour patienter jusqu’à la sortie de JVLIVS II, retour sur les titres les plus iconiques de la carrière du S. 

A7, GomorraChamps-ElyséesFusil : une mixtape classique, du premier coup 

Tout commence en 2015. Présent sur la mixtape R.I.P.R.O Volume I de la Lacrim et sur un remix très personnel de On fait pas ça, le Schneider est déjà dans tous les radars. La sortie de Gomorra, un mois avant la mixtape A7, lance alors un phénomène bien au-delà du quartier Saint-Barnabé de Marseille.

Gomorra introduit l’univers sombre du personnage SCH. Tourné à Scampia en Italie, le visuel est une première ébauche du tableau mafieux dépeint tout au long de sa carrière. Comme la série éponyme du titre, ce premier clip est doucement angoissant. L’instrumentale du Katrina Squad est pesante, sinistre, comme la B.O d’un film de gangsters.  Tel un membre de la Camorra, SCH enchaîne meurtres et règlements de compte. Les couplets s’inspirent aussi des évènements de la série. Le refrain est ponctué par le bruit des armes.

Le 13 novembre, A7 est lâché. Le troisième single du même nom est déjà dans toutes les bouches et le public découvre la folie de SCH. Vulgaire, violent et charismatique, le rappeur à la voix rocailleuse séduit. Il transforme l’essai avec Champs-Elysées, un quatrième single mélodieux, plein d’ego trip et autotuné, qui reste l’un de ses plus gros succès.

Puis arrive Fusil. Sa voix grave, posée sur un piano pour parler d’amour séduit une nouvelle fois l’audience : le clip comptabilise 106 millions de vues. SCH est versatile, il peut plaire à tout le monde. La preuve : magnifiquement orchestré par Katrina Squad et Kore, A7 est aujourd’hui considéré comme un classique du rap français.

Je la connais, Allo maman : les succès commerciaux d’Anarchie

En mai 2016, moins d’un an après la mixtape, SCH sort un premier album : Anarchie. Double disque de platine, le projet est une réussite commerciale. Comme avec Fusil, SCH entraîne un public très large avec Je la connais. Décidemment, ses chansons « d’amour » ont la côte, d’autant plus que le titre reprend le BPM du hit Hotline Bling de Drake. Sur une prod’ mélancolique signée Kore, le rappeur chante son coup de foudre charnel pour une femme.

Autre succès commercial, Allo Maman envahit les radios. Dans cette référence au Allo Maman Bobo d’Alain Souchon, SCH confie ses inquiétudes et ses peines à sa mère, avec qui il entretient une relation fusionnelle. Il lui parle des femmes, de la vieillesse, de l’avenir, …

Au-delà de ses deux hits, le génie d’Anarchie est ailleurs. En 13 titres, l’album explore autant d’univers, autant d’ambiances, de prods, et de flows de SCH, qui rappe avec et contre lui-même. Le rappeur traverse même les frontières avec Cartine Cartier, un passe-passe franco-italien avec Sfera Ebbasta.

La nuit Deo Favente et la mort de son père Otto

Son deuxième album studio, intitulé Deo Favente, est publié le 5 mai 2017. Un mois plus tôt, en pleine promotion du projet, le rappeur perd son paternel, Otto. Cette figure est très récurrente dans la discographie de l’artiste. Il l’évoquait notamment sur Anarchie dans Cartine Cartier (« Cheveux blancs, doigts jaunis, papa veut redevenir un gamin »).

Le rappeur entretient des rapports complexes avec son père jusqu’à son décès. Sur Comme Si, le premier son de l’album, il rappe : « ça fait six ans que j’ai pas croisé le daron, toi, m’dis pas qu’on s’voit plus ». Son père est souvent décrit dans ses textes comme marqué par l’âge, par la vie, par l’alcoolisme aussi. Dans La nuit, SCH pose un regard plus compatissant, plus compréhensif sur l’homme qu’était son père. Le titre sonne comme un pardon. Il est chanté comme de la variété française. Avec La nuit, SCH puise dans d’autres inspirations, tirées d’un père amoureux de variété, notamment celle de Joe Dassin.

Otto, Le CodeBénéfice : le chef d’œuvre JVLIVS

Otto est d’ailleurs le second extrait de JVLIVS. Dans ce troisième album studio livré en octobre 2018, le rappeur rend à son père un hommage poignant. Le visuel le met en scène dans un décor méditerranéen, le long d’une procession funéraire digne de l’enterrement d’un mafieux italien. Comme il le dit « les films ont déteint », et le clip est très cinématique. Otto est à l’image de l’album : il explore la violence, la prison, la course après l’argent, les valeurs, le tout ponctué par le fameux « Mon daron s’appelait Otto, il aimait pas les putos ».

Porté par des guitares et des sonorités du sud, SCH est impressionnant sur Le Code. Seul face à son succès, et face à la mer où il déverse des cendres, le rappeur livre une belle performance. Un joli refrain chanté sous vocodeur, et des lyrics profonds, remplis d’émotions et de nostalgie.

Avec JVLIVS, SCH se lance dans une trilogie ambitieuse, à l’univers très poussé. Les récits contés dans les 17 titres sont comme des bouts d’anecdotes de mafieux, portées par la voix française d’Al Pacino, José Luccioni. Le concept est plus que réussi, et JVLIVS est surement le projet le plus visionnaire, le plus abouti et le plus entraînant de la discographie du S.

L’outro Bénéfice conclut l’album de la plus belle des façons : par 6 minutes 40 d’introspection très personnelle, presque intime, rythmée par des changements de flows surprenants et très bien maîtrisés.

R.A.C, InterludeAh garsHaut-Standing : le storytelling à la Rooftop 

Depuis le premier tome de JVLIVS, le rappeur est revenu aux bases. Mais Rooftop, son quatrième album studio, est plus ouvert, moins personnel. Sur 17 sons, 5 sont des featurings. Le marseillais a invité Heuss L’Enfoiré, Capo Plaza et Soolking, Maître Gims, Ninho et le pionnier Rim’K. Désormais sous son propre label Maison Baron Rouge, il pousse son personnage et son univers sombre à son paroxysme.   

Le titre R.A.C montre cette belle évolution. Le clip est presque un film, réalisé par PANAMAERA. Le rappeur, grand bandit, grimpe jusqu’en haut de sa tour, jusqu’au rooftop. La production de Phazz est mystique. La voix du Schneider est arrogante, magnifiquement posée. Dans un autre registre, Interlude est cru, personnel. SCH est grave et mature. Il décrit sa réalité sans filtre et d’une voix menaçante. Là aussi le visuel, réalisé par Chérif (Nocolor) et Louis (420 Workshop) et tourné à Marseille, porte à merveille le récit.

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